Chronique scientifique

Aquatox 2000

Un matin de mai 1999, à bord d’un yacht, des élèves de l’école Héritage de Cornwall, en Ontario, recueillent des échantillons d’eau du Saint-Laurent. Dans le labo de l’école, Christine Piette, 13 ans, les attend. Avec d’autres élèves, elle va comparer l’eau du fleuve avec deux échantillons: l’un provenant d’un ruisseau pollué par un égout, l’autre d’une bouteille d’eau minérale.

Pour réaliser ses analyses, Christine place des graines de laitue dans des contenants remplis avec les échantillons d’eau. Puis, elle dispose des bulbes d’oignon au sommet d’éprouvettes remplies des mêmes eaux. Elle laisse reposer le tout cinq jours à la noirceur. « C’est le temps nécessaire pour que les graines de laitue et les bulbes d’oignon fassent des  racines », explique Christine. Les  élèves mesurent alors ces racines. Les plus courtes se trouvent dans l’eau du ruisseau pollué : les plantes poussent mal dans l’eau pleine de microbes et de substances chimiques. Les racines les plus longues proviennent de l’eau pure en bouteille.

Et l’eau du Saint-Laurent ? « Les racines y sont aussi longues que celles de l’eau en bouteille ! », s’étonne Christine. Explication: malgré sa pollution, l’eau du fleuve est riche en  éléments  nutritifs.

 Christine plonge ensuite des bandes de papier dans les échantillons d’eau. Si le papier devient noir, c’est un signe que l’eau est envahie par des bactéries. Danger: ne pas la boire!

En Équateur un pays d’Amérique du Sud, Karla Cevallos, 13 ans, a réalisé les mêmes expériences que Christine Piette. « Avec des élèves de mon école, j’ai recueilli des échantillons d’eau dans deux quartiers de la ville  d’Ibarra. » Karla a été très impressionnée de voir pousser les racines des oignons. Mais elle retient surtout du projet
« l’amitié que les élèves ont développée en faisant ensemble les expériences. »

Eau secours !

Au Canada,  en 1832, le microbe du choléra  présent dans  l’eau, a tué 1000 des 23 700 Montréalais! De nos jours, plusieurs pays sont encore trop pauvres pour purifier leur eau.  Cette eau provoque de nombreuses maladies, souvent mortelles, comme la diarrhée. D’où l’importance de tests simples  et peu coûteux pour aider les gens à évaluer la qualité de leur eau.

Un projet mondial

Des élèves de 78 écoles dans une vingtaine de pays participent  à AQUATOX 2000. Le projet est une initiative du Centre de recherches pour le développement international (CRDI) du Canada, qui fournit aux écoles les trousses d’analyse. Objectif : sensibiliser les populations à l’importance d’une eau de qualité. Le site d’AQUATOX 2000 présente les résultats des  78  écoles.

www.idrc.ca/aquatox

Source : HebdoScience  No 1116

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